Paris

  • EKOUE DU GROUPE LA RUMEUR

    INTERVIEW DE EKOUÉ

    par Nicholas Read (2014)

     

     

     

    Bonjour  Ekoué, Merci de m’accordez cette interview, tu peux te présenter à nos lecteur qui ne connaissent pas Ekoué du groupe de rap « LA RUMEUR » ?

    Ekoué, 39 ans, je suis né à Villiers-le-Bel. J'ai grandi à Élancourt dans le 78 et cela fait bientôt 20 ans que j'habite dans le 18ème. J’officie au sein du collectif « La Rumeur » depuis 1996.

     

     

     

    Quel est ton métier exactement ?

    Je suis artiste et gérant associé d'une société de production.

    Je sais que tu es un passionné de Muay Thai, comment tu as découvert cet Art martial Thaïlandais ?

    A mon adolescence. J'ai découvert le Muay Thai par un ami breton, Greg et Khalid, un marocain. Nous habitions dans le même quartier. L'un pratiquait la boxe chinoise et l'autre le Kung Fu. Nous nous entraînions dans le parc en face de nos bâtiments après avoir visualisé des K7 VHS des combats de Kerner, Dekkers, Dany Bill, Hoost, Kaman etc… Greg a franchi le pas et s'est inscrit dans un vrai club de Muay...

    D’où te vient cette passion pour le Muay Thai ?

    Des différents combats que j'ai vu en K7 puis en vrai. C'est exactement le genre d'Art martial qui correspondait à mon tempérament !

     

     

     

    Tu as grandi en banlieue parisienne, dans ton quartier il y avait des clubs de Boxe Thai ?

    J'ai grandit à Élancourt dans le 78. Le seul club de Muay était à Plaisir, à une dizaine de kilomètres...

    Avant de découvrir le Muay Thai avais tu déjà fais un autre sport de combat ?

    J'ai fait un peu de judo et de la boxe chinoise, mais vraiment vite fait...

    Tu as pratiqué le Muay Thai, quel souvenir gardes-tu de ce sport ?

    C'est Guillaume Kerner qui m'a transmis l'amour définitif de ce sport. Il a été plus qu'un entraîneur. Il m'a enseigné que cet Art martial découlait d'une histoire séculaire. Il faut avant tout respecter cela avant d'appréhender ce sport !

     

    LE BAVAR, HAMÉ, GUILLAUME KERNER,  EKOUÉ

     

     

    En quelle année tu as commencé le Muay Thai ?

    J'ai commencé vers 16 ans mais à peine un an. C'était précisément à Plaisir. Puis je me suis mis à m’entraîner sérieusement vers l'âge de 21 ans.

    C’était dans quel club, avec quel entraîneur ?

    J'étais au Kajin club avec Guillaume Kerner !

     

     

     

    Comment tu as découvert ce club de Muay Thai ?

    Par hasard, en regardant la revue Karaté Bushido...

     

     

     

    Tu te souviens de tes premiers entraînements ?

    J'ai mesuré le travail à effectuer pour avoir une boxe véloce et maîtrisée... 

    Tu t’entraînais régulièrement ?

    J'essayais de m’entraîner au moins deux fois par semaine. C'était compliqué à gérer avec le « son » et les études...

    Dans le club il y avait des champions ? Est ce que tu les connaissais ?

    Oui mais pour être franc, j'étais plus sensible au parcours des futurs champions. Comme mon ami Dino Adad (Champion de France classe A) ou Mounir Bouti (Champion du Monde Amateur) !

     

    DINO ADAD ET MOUNIR BOUTI


     

    Tu mettais les gants avec les champions ?

    Non, j'étais pas au niveau pour.

    Quelle technique tu aimais le plus travailler à la salle ?

    Le middle aux paos.

    Tu aurais aimé faire une carrière dans la boxe ?

    Non ! Il y a des gens qui ont un don pour cela et il y a les autres… je n'ai pas honte de dire que je n'avais ni ce don et ni le niveau...

    Est ce que tu as eu l'occasion de faire de la compétition, de combattre sur un ring ?

    J'aurais dû combattre en C mais cela ne s'est pas fait...

     

     

     

    Est ce que tu es déjà partie en Thaïlande pour t’entraîner dans un camp ? 

    Non jamais. Mais j'ai mon meilleur pote Naref qui vit là bas !

    Tu connais des champions thaïlandais ?

    Bien sûr, mais étrangement j'ai toujours plus suivi les boxeurs européens. Que ce soit de l'école hollandaise et naturellement française.

    Que t'apporte la pratique du Muay ?

    Je ne pratique plus depuis 2006 en gros. Mais je compte reprendre en suivant les conseils de mon pote Dino par exemple...

    Le Muay Thai, c'est dur comme boxe, il y a les coups de coudes, les coups de genoux, tu aurais pu choisir une autre forme de boxe, pourquoi le Muay Thai ?

    J’aime les grands classiques de boxe anglaise comme tout le monde. Mais rien ne me fait plus vibrer qu’un combat de Muay thai. Il y a ce respect des traditions que je ne retrouve pas ailleurs.

    Le côté Art martial du Muay Thai c'est ce qui t’intéresse aussi ?

    C'est surtout ce qui m'intéresse !

     

    HAMÉ, EKOUÉ, LE BAVAR

     

    Actuellement tu continues toujours à t’entraîner ?

    Non plus du tout. Je compte reprendre Incha'Allah !

    Tu assistes parfois à des galas de Boxe Thai ?

    Récemment je suis allé voir Dino Adad  à Japy. Il a gagné aux points assez facilement d'ailleurs !

    Tu connais des grands champions d’aujourd’hui ou de l’époque,  quels sont ceux que tu apprécies ?

    De l'époque il y a ceux que je t'ai cité précédemment...

    Est ce qu'il y a des boxeurs qui t’ont marqué ?

    Kerner, Dany Bill, Dekkers, Krongsak, Prestia, Hoost, Kaman !

    Ils m'ont marqué car ils ont démystifié les fantasmes  autour de ce sport dans les années 90. Les médias avaient tendances à parler du muay thai comme des combats de pitbull clandestins. Il a fallu que ces grands champions montrent à la face de l'Europe combien ce sport était noble, professionnel et intense !

    Que penses tu du niveaux du Muay en France aujourd’hui ?

    Il y aura toujours des grands boxeurs en France. Notamment dans les quartiers. Je ne me fais pas de soucis pour la nouvelle génération.

    Quels combats, que tu as vu en direct, t'as fais le plus vibrer ?

    Dekkers VS Dany Bill !

    Tu connais bien Guillaume Kerner ?

    Oui c'est devenu un ami.

     

    GUILLAUME KERNER

     

     

    Si je te dis Kerner, cela évoque quoi pour toi ?

    Humilité, effort et respect des traditions. Un grand Monsieur !

    Si je te dis Dino Adad qu’on aperçoit dans le clip HORS-SUJET , cela te dis quoi ?

    Dino est également un ami. Je le connais depuis au moins 10 ans. C'est un monstre de travail. Il bosse tous le temps. A chaque fois que je le croise, il sort ou il va à l’entraînement ! 


    DINO ADAD



    LE CLIP "HORS SUJET"

     

     

    Tu peux nous parler de ta rencontre avec Dino ?

    Je l'ai rencontré au club Kajin. Nous avons des connaissances en commun du côté de Brochant. Il incarne à mon sens les plus saines valeurs du muay thai et du sport plus largement. Le travail et le dépassement de soi, l'humilité et le respect de l'adversaire. C'est un garçon qui regarde également l'avenir, qui obtient les diplômes adéquats pour transmettre aux jeunes générations. Il a fait et continu une brillante carrière et nous avons des projets en parallèle. Nous vous en parlerons au moment venu mais je crois pouvoir dire que nous regardons, humblement, dans la même direction. Je pense que nos jeunes ont besoin de figures exemplaires, dans le sport et au delà, et Dino en fait parti...

     

    DINO ADAD

     

    Tu es un membre fondateur du groupe LA RUMEUR, un groupe référence dans le milieux du Hip Hop Français, tu peux nous en parler ?

    Il suffit d'aller sur notre site www.laruemeurmag.com. Mais je résumerai La Rumeur en 3 dates. 19 ans de carrières, 8 ans de procès initiés par Sarkozy et 4 albums !

     

     EKOUÉ, HAMÉ, LE BAVAR

     

    Le Hip Hop et le Muay Thai font souvent bon ménage, tu connais d'autres rappeurs qui pratiquent le Muay Thai ou qui aiment cet Art martial ?

    Oui effectivement. Mais chacun doit rester à sa place. La musique c'est du spectacle, le Muay Thai c'est un art martial et une hygiène de vie. Si je dois faire référence à la boxe dans un clip, j'appelle un vrai praticien. Les rappeurs que se font mousser en faisant du sac ou des paos dans leurs clips, j’ai toujours trouvé ça bidon. C’est mon avis !  Il faut accepter d’être spectateur et mettre la lumière uniquement sur les boxeurs qui transpirent pour nous offrir le meilleur.

    Tu m'as parlé d’un projet sur le Muay Thai, tu peux nous en dire un peu plus ?

    Pas pour l'instant ,car rien n'ai encore fait. Mais, l'idée est sortie des cartons. Il faut juste que nous réunissions les bonnes personnes autour de la table pour faire avancer les choses de façon significative. Cela fait un an que nous en parlons avec Dino. Pour l'instant nous avons mis en place un humble partenariat entre La Rumeur et Dino. L'objectif à moyen terme est de développer une infrastructure sportive...

    Quelle est ton actualité dans le Hip-Hop ?

    Des concerts, un disque inédits pour mars 2015 et le tournage d'un long métrage Incha'Allah !

     

     

    LE CLIP "TOUT BRULE DÉJÀ"

     

     

    Aurais tu le titre d’un album Hip Hop américain et français a faire découvrir à nos lecteurs ?

    « New York State of Mind » de Nas, de l'album « Illmatic » et  « Rien d'impossible » de mon pote Rachid La Hyène !

    Tu veux ajouter quelques choses ?

    Bonne continuation à vous !

    Merci beaucoup pour cette interview et bonne chance pour tes projets !

     

    La Rumeur est un groupe de rap français composé de Ekoué, Hamé, le Bavar, Mourad et de deux DJs, Soul G et Kool M. 

    La Rumeur se considère comme un groupe de rap underground hardcore, souhaitant se différencier en cela du milieu du rap français qui, en grande partie selon eux, adapte ses textes aux exigences des radios, quitte à perdre son caractère subversif (Nous sommes les premiers sur... sur l'album Regain de Tension). Aussi, ils refusent d'atténuer leurs textes pour être diffusés sur des radios commerciales telles Skyrock ou Fun Radio. 

    Ekoué est titulaire d'une maîtrise en Sciences Politiques, d'un DEA en Droit public et a soutenu une thèse sur "l'abstention dans les zones urbaines sensibles". Il est également diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris. Il a collaboré notamment avec : Assassin, Kalash, Less du Neuf, Vasquez de Less du Neuf, Calbo d'Arsenik, K-reen, Casey (avec entre autres Chacun son raccourci et On ne présente plus la famille) » (Texte Wikipédia Encyclopédie ).

     

    EKOUÉ

     

     

     HAMÉ

     

    LE BAVAR

     

    Albums :

     

    L'Ombre sur la mesure (2002)

    Regain de Tension (2004)

    Du cœur à l'outrage (2007)

    Tout brûle déjà (2012)

     

  • INTERVIEW DU CRÉATEUR DE LA MARQUE MATNAK

    Interview du créateur de MATNAK

    la marque des muay mat

     

    Jo-L CELLAby Nicholas READ (2020)

     

    MATNAK Muay Thai 

    Avant de commencer, tu peux te présenter et nous dire qui se cache derrière la marque MATNAK ?

    Tout d’abord, je voudrais remercier toute l’équipe de SIAMFIGHTMAG  pour cette interview. Je suis un lecteur de longue date. Je suis honoré d’y apparaître.

    J’ai 49 ans, je suis né et j’habite en région parisienne. Et je suis fan de Muay Thai depuis plus de 20 ans. Je suis allé de nombreuses fois en Thaïlande, j’y habitais même à une certaine époque.

     

    Jo-L Cella et le grand champion Anuwat Kaewsamrit

     

    Comment as-tu découvert le Muay Thai ?

    J’ai découvert le Muay Thai sur le tard, vers 30 ans. Je faisais de la lutte. Mais je voulais faire un sport pied et poing. La boxe Thaï s’est imposée à moi comme une évidence. Un ami m’a conseillé le club Daumesnil. C’est le début de la passion. 

    Je suis donc un ancien élève d’André ZEITOUN (Que je salue). J’ai fait 4 ans là-bas, à la fin des année 90. Jean-Charles SKARBOWSKY s’y entraînait encore...

     

    Tu peux nous décrire ta marque MATNAK en quelques mots ? 

    Matnak veut dire fort en poing et par extension puncheur. J’ai entendu ce terme pour la première fois lors d’un repas la veille d’un Best Of Siam (Show de Muay Thai organisé par M. Skarbowsky et M. Didda) entre Jean-Charles Skarbowsky et le directeur du stadium du Raja. Je connaissais « Muay Mat » mais pas « Matnak ».

    Matnak s’adresse aux pratiquants, aux passionnées et à tous ceux qui considère que c’est bien plus qu’un sport. C’est 100% Muay Thai ! 

     Anuwat Kaewsamrit MATNAK

    Anuwat Kaewsamrit

     

    Quelle est la philosophie de MATNAK ? 

    Le Muay Thai est consubstantiel (Indissociable) à la culture thaïlandaise. Ce principe sert d’inspiration à nos créations. Dans un esprit de compréhension et de partage. Nos produits sont axés sur la performance et le life style.

     

    D’où est venu l’idée de créer une marque de vêtements dédiée au Muay Thai et quel message tu souhaites faire passer à travers cette marque ?

    Ça date de 2003, j’étais à Bangkok et je souhaitais ramener des articles de boxe autres que des shorts et des gants et j’avais été déçu de ce que je voyais. Le projet a germé de créer une marque à ce moment-là. C’était aussi un moyen de continuer à assouvir ma passion au-delà de la pratique. Dès lors, l’envie ne m’a jamais quitté de réaliser ce rêve.

    Le message est simple. Peu importe qui on est et d’où on vient, l’idée est que l’on puisse se rencontrer autour d’une passion commune.

     

     

    Depuis combien de temps existe cette marque ?

    MATNAK a été officiellement créé en décembre 2016. J’ai fait un dépôt de marque classique. Mais j’ai eu un gros litige de propriété intellectuelle avec une grande marque de boisson énergisante américaine qui commence par un M. Leur conseil, un très gros cabinet d’avocats de Londres a fait opposition sur une supposée similarité, antériorité et atteinte à la réputation de leur client. Se considérant en position de force, ce cabinet m’a mis beaucoup de pression pour que je négocie à leurs conditions.

    Sans expérience dans le domaine, j’accepte la proposition. Un accord en 10 points m’est soumis. Par exemple, interdiction d’utiliser mon icône M seul, interdiction de dessiner mon logo en couleur clair sur un fond foncé.

    Je considère que certains points ne sont pas négociables. J’étudie la réglementation et la jurisprudence. Une amie avocate (Big-up Sophie) m’aide à structurer de façon juridique ma défense. Je romps les négociations et je demande que l’on juge l’affaire sur le fond.

    A partir de là, ils ont utilisé toutes les arguties juridiques pour faire traîner. J’ai par exemple reçu leur défense qui comprenait plus de 2500 pages. Au final, j’ai gagné et la marque a été enregistrée, mais j’ai perdu 2 ans. Malgré tout, cela a été très formateur.

    MATNAK 1 - Monster 0.

    Comment se passe le processus de production ?

    En fonction du design et des matières. Je contacte l’atelier qui est le plus adapté pour réaliser ma demande. Je fais fabriquer dans des ateliers que j’ai visité et sélectionné en Europe et en Thaïlande.

     

    Quelles ont été vos inspirations dans l’élaboration de la marque ? 

    Je me suis beaucoup inspiré des marques de glisse (Surf, skate). Je trouve qu’ils arrivent très bien à transmettre l’esprit de leur discipline.

     

     

    Quelle différence majeure pouvons-nous trouver entre la collection T-SHIRT ORIGINAL, SUA, TRIBUTE que ce soit au niveau du design ou de l’état d’esprit ?

    La différence tient à l’objectif. Le t-shirt original est fait pour associé le nom et le logo.

    J’ai gagné de haute lutte le droit de les utiliser alors j’en profite. 

    Le t-shirt sua est une interprétation du sak yant sua phen (Les 2 tigres). Dans le design on a conservé les mantras en khom (Khmer ancien). C’est une introduction à la spiritualité thaïlandaise. Le bouddhisme avec les mantras et l’animisme avec le tigre. 

    Enfin, le t-shirt tribute. Comme son nom l’indique c’est un hommage à notre discipline et aux nakmuay. Ce design est un condensé de ce que veut être Matnak. 

    Il y a un combattant exécutant un Ram Muay avec le Mongkol et la guirlande d’œillets d’inde pour la tradition, la spiritualité avec les Sak Yant (Tatouage) dans le dos de Jean-Charles Skarbowsky, la Thaïlande donc les racines avec le tuk tuk et enfin les nakmuays et plus exactement les puncheurs avec Jean-Charles Skarbowsky et Anuwat. Le tout avec une référence visuelle qui nous est familière, inspiré d’un jeu vidéo. 

     

                                             T-shirt original.                                        T-shirt Sua.                                                               T-shirt Tribute.                                                                                                                                            Tous les T-shirts existe en plusieurs coloris.

     

    A l’heure actuelle, on peut dire que ta pièce phare reste le t-shirt TRIBUTE. Est-ce que tu souhaites travailler sur d’autres types de vêtements ou d’articles dans le futur ?

    Les t-shirts étaient pour moi le meilleur moyen de montrer ma vision. Il est temps de m’attaquer à l’accessoire indispensable, le short.

    La gamme va continuer de grandir. 

    Je suis en contact avancé avec des fournisseurs pour des gants et des shorts. Évidemment, made in Thaïlande.

     

     Rui Botelho ONE CHAMPIONSHIPRUI BOTELHO MATNAK

    Rui Botelho combattant du ONE Championship.

     

    Quels sont les objectifs à long terme avec la marque MATNAK ? 

    Détrôner Twins (Rire). Blague à part, devenir une référence reconnue de l’équipement de boxe Thaï.

     

    On a vu plusieurs grands champions arborer cette marque comme Jean-Charles Skarbowsky, Stéphane Nikiéma. Quelle est la place des combattants dans le processus de création ?

    Les champions nous font rêver et font vivre ce sport. J’ai beaucoup d’admiration pour eux. Je souhaite les mettre en avant. Ce sont les nakmuays amateurs ou professionnels qui donnent cette vitalité. J’en profite pour remercier Jean-Charles, Stéphane, Rui, notamment.

     

    Stephane Nikiema MATNAKJean-Charles Skarbowsky MATNAKDJILANI MATNAK

                        Stéphane Nikiema                              Jean Charles Skarbowsky                                        Djilani

     

    MATNAK puise son inspiration dans le monde du Muay Thai, comment instaurez-vous le style de votre marque à partir d’une thématique aussi vaste ?

    Justement, ceci me permet de ne pas réduire la Boxe Thaï aux fameux 8 coups. Mais de l’intégrer à un univers culturel et spirituel, avec une préoccupation c’est de le rendre accessible aux non- thaï. La richesse de la thématique permet d’être exclusivement axé sur un seul sport.

     

    Quelles sont les plus grosses difficultés que vous rencontrez ?

    Le covid-19, ce n’est pas vraiment un booster économique. Le coté homme-orchestre, photographe, web master, comptable, designer. Ce n’est pas toujours simple...

    Trouver de bons fournisseurs, notamment en Thaïlande. Les coût de production y ont beaucoup augmentés.

    Mais même face à certaines difficultés, je prends beaucoup de plaisir. Je rencontre beaucoup de monde, c’est très agréable.

     

    Quel est votre système de vente ? Où peut-on se procurer les vêtements MATNAK ?

    Matnak est distribué dans les deux clubs Skarbowsky Gym (30 rue du Borrégo, Paris 20 ème et 135 rue Lamarck, Paris 18 ème) et sur internet sur le site : www.mat-nak.com


    MATNAK Muay Thai WEAR 

    Tu es allé souvent en Thaïlande ?

    Plein de fois. J’y habitait même. Je travaillais à Kho Tao, j'étais Prof d’apnée. J’ai habité aussi à Bangkok, en face de l’ancien Lumpinee Stadium et dans la province de Maha Sarakam (Région Isaan).

     

    As-tu eu l’occasion de t’entraîner dans des camps de boxe ?

    Non, je n’ai pas eu cette chance. Quand des amis me racontent leur expérience, comme Rémi (Chon keow) qui s’est entraîné à Khon Kaen, ça me donne encore plus de regrets. Lorsqu’il s’était entraîné au Pajonpai, il n’était pas un client mais quelqu’un qui intégrait une famille. Il habitait, mangeait et dormait avec eux. Le soir venu, pendant que les nakmuay s’entraînaient, des policiers venaient faire une pause devant un verre. Les voisins observaient les boxeurs pour des futurs paris. On y fêtait des anniversaires. Le camp est un lieu de vie et de partage...

     

     

    Quelles champions thaïlandais tu admires le plus ?

    Mon champion préféré est Anuwat Kaewsamrit. J’ai eu la chance de le voir combattre plusieurs fois. Quelle puissance. J’adore les puncheurs. Actuellement Kulabdam est mon préféré. Mais j’apprécie aussi beaucoup des boxeurs comme Tawanchai, Ritteewada, Jomhod...

     

    En Thaïlande, est ce que tu as assisté à des soirées aux stadiums du Radja et du Lumpinee, quel stadium tu as préféré ?

    Oui, j’ai assisté très souvent à des grandes soirées. Mon stadium préféré est sans conteste l’ancien stadium du Lumpinee. Quelle ambiance ! Pas d’air conditionné, la chaleur étouffante, les parieurs hystériques. Que de bons souvenirs. 

    Je fréquente toujours beaucoup les stadiums. Entre l’Omnoi, le Raja, le Lumpinee (Ancien et nouveau) et le stadium TV7, j’y suis allé plus de 50 fois !

     

     

     

    Est ce que tu suis l’actualité de ce sport en France et en Thaïlande ?

    J’essaie de me tenir au courant autant que je peux. Mais je découvre toujours des boxeurs. Je regarde SIAMFIGHTMAG, bien sûr, je suis aussi des site anglophones et thaïs. J’essaie d’aller aux galas en région parisienne. (Japy, Golden Fight, Best Of Siam).

     

    Tu peux nous raconter une petite anecdote que tu as eu en Thaïlande ?

    J’avais pris le bus pour me rendre au stadium du Raja, la contrôleuse me demande où je vais pour me facturer le ticket. Je lui dis que je vais au Rajadamnœn, elle ne comprend pas. Je recommence et essaie toutes les prononciations possibles sans succès. Je tente mon va-tout avec des mots comme Muay Thai, nakmuay, stadium, je finis même par mimer de la boxe dans le bus. Tout le monde me regarde comme un martien, sans comprendre ma destination. Un peu vexé et ridicule, je suis descendu du bus et j’ai fini à pied. A l’issue de cette déconvenue, j’ai pris des cours de thai...

     

    Christian MATNAKMao MATNAK

                                                          Christian                                                             Mao

     

    D’où vient cette passion pour la Thaïlande ?

    Je ne sais pas, je m’y sens chez moi. Ma femme est thaïlandaise et mon fils franco-thai. J’ai un lien très fort avec ce pays. J’apprends à lire, écrire thaï mais ça demande beaucoup d’efforts.

     

    Qu'est-ce que tu aimes le plus en Thaïlande ? Et le moins bien ?

    La nourriture, elle est extrêmement variée et exotique. Je suis un fan absolu du « som tam poo palat » (Salade de papaye aux crabes et au saumure de poisson). C’est un vrai plat de blédard d’Isaan. Sinon je trouve l’ambiance générale plus cool. Les îles, quelle chance d’avoir pu habiter à Kho Tao. Les rooftops, le vertigo vraiment top. Mais j’apprécie aussi la complexité du pays. 

    Les moins. La musique, je n’arrive pas à m’y faire. La nourriture trop épicée, tu as beau leur dire. Les scandales comme l’affaire du petit-fils red bull (encore une boisson énergisante).

    En 2012, l’héritier de la famille red bull a tué un policier à moto. Le chauffard a prit la fuite en traînant le policier sur une centaine de mètres. Les analyses de sang révéleront une alcoolémie élevée et des traces de stupéfiant. Vorayuth Yoovidhaya, c’est son nom, n’a jamais effectué le moindre jour de prison. #RedBullheir (pour plus d’info).

      

     

    Peux-tu nous donner un conseil ou un bon plan pour visiter la Thaïlande ?

    J’aurai une réponse en deux temps. D’abord, la tête et le ventre.

    On dit que la Thaïlande est très touristique, c’est en partie vrai. Mais c’est un pays plus complexe qu’il en a l’air. Pour mieux le comprendre, je conseillerai le très bon livre d’Arnaud Dubus, Thaïlande (Ed. Broché).

    Et sinon un restaurant de fruit de mer que m’avait fait découvrir l’excellent René Desjardin (Petite dédicace). Le meilleur Tom Yam Kung que j’ai mangé. T&K seafood (Yao wa rat) 49-51 Phadung Dao Rd, Samphanthawong, Bangkok 10100, Thaïlande.

    Enfin, j’encourage tout le monde à aller voir des combats dans les grands stadiums. Le déroulement des matchs y est totalement différent qu'en Europe.

     

    Que peux-tu dire à nos lecteurs qui pourrait leur donner l’envie d’aller s’entraîner en Thaïlande ?

    Je leur dirais n’hésitez pas. La Thaïlande est un pays facile pour voyager. Tout fan de Muay rêve de s’entraîner un jour là-bas. A mon sens, il est beaucoup plus enrichissant de trouver un camp loin des zones touristiques. Vous avez édité un guide des camps d’ailleurs (« Voyage au pays du Muay Thai » par Serge Tréfeu). Cette immersion vous permettra de voir une autre Thaïlande et de découvrir l’âme du Muay Thai. L’isaan est une terre de champion, venez-vous y entraîner !

     

    Quels sont les projets futurs pour MATNAK ?

    Continuer à se développer. Sponsoriser des nakmuays français et étrangers qui partagent ma vision et qui ont envie de grandir en même temps que la marque.

    Pour finir, je voudrai juste remercier tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce projet et une spéciale dédicace à Laurent (Rip).

     

    Merci beaucoup pour cette interview et chookdee pour tous vos projets !

     

    Vous pourrez trouver sur le site www.mat-nak.com aussi la serviette microfibre et le gym sack.



                                                Serviette Microfibre                                                            Gym Sack 

     

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