ANALYSE ET EXPLICATION DU MENTAL PAR LE CHAMPION AURÉLIEN DUARTE (2017)

Special report by Serge TREFEU

 

 

SERGE TREFEU : Bonjour Aurélien, comment ça va ?

Très bien, merci. Je voudrais d'abord saluer les lecteurs de Siamfightmag de leur attention car aujourd'hui le coaching mental est primordial et nécessaire pour tous les sportifs et les boxeurs en particuliers.

Depuis combien de temps tu es coach mental  ?

Cela va faire cinq ans que je me suis formé au coaching mental professionnel. Mais si je suis honnête avec moi, je le pratique depuis que j'enseigne, depuis 20 ans. Et j'ai même l'impression que je fais ça depuis que je suis tout petit. Le coaching mental c'est accompagner les autres, les aider à trouver des solutions, à prendre soin de l'autre, nous avons tous ce talent et cette qualité là mais certains l'ont développé plus tôt...

Tu as toujours travaillé ce mental durant ta carrière de boxeur et d’entraîneur ?

J'ai toujours eu ce mental dans mes relations amicales, j'ai toujours été celui qui donnait des bons conseils, qui accueillait, qui allait aider, j'ai toujours été très généreux et tout ça je l'ai appliqué ensuite dans mes cours de boxe. L’entraîneur a un rôle de confident, nous sommes confrontés à d'autres problèmes qui sont au delà du domaine sportif.

Nos formations sportives sont très bonnes pour l'accompagnement physique mais il faut les compléter avec des connaissances sur le fonctionnement humain pour pouvoir être plus précis et efficace.

C'est très dur pour un coach de ne pas pouvoir aider son élève quand il y a un problème émotionnel ou mental. S'ils ne sont pas formés ni l'un ni l'autre, cela peut aboutir à des disputes ou des séparations entre le boxeur et son entraîneur.

En quoi consiste exactement ton travail de coaching mental ?

En fait, c'est assez paradoxal mais le coaching mental contrairement à ce que l'on croit ce n'est pas de le développer mais de le faire « Taire ».

Nous sommes une société occidentale où nous avons énormément développé le mental. Et le mental, c'est notre capacité à penser, notre force que nous avons dans notre tête. Nous avons environs 60 000 pensées par jour, cela fait plus de 4 pensées par seconde et cela consomme beaucoup d’énergie.

C'est très pratique d'avoir un mental fort mais en même temps c'est très fatiguant. Le cerveau consomme énormément d’énergie et si on est tout le temps dans le mental au final on n'est pas dans l'action.

Alors, le coaching mental consiste à faire taire ce mental, à calmer les pensées et redescendre plutôt dans l'émotionnel.

L’être humain se compose de trois choses : de pensées, d'émotions et d'actions qui amènent des résultats. Pour modifier ces résultats, il faut prendre soin de ces trois paramètres, les pensées qui est le mental, l'émotionnel et l'action qui est le physique.

Le coaching mental permet de calmer le mental pour avoir accès à l'intuition, à l’expérience, aux souvenirs du passés, à toutes ses expériences qui sont gravés dans notre fort intérieur. Ce sont bien souvent ces petites voix intérieurs qui nous disent « est ce que je vais y arriver », « est ce que c'est bon », est ce que je dois faire comme ça », tout cela empêche d'entendre la petite voix qui dit « j'aurais dû m’écouter ». Cette petite voix qui est plus émotionnel, plus intuitive, qui est plus cerveau droit, notre société qui mise tout sur l'intelligence rationnelle et sur la réflexion a fait taire cette petite voix.

Sur le ring, c'est l’instantanéité, on ne prépare pas notre enchaînement, il sort tout seul. Chacun dans sa vie, il y a plusieurs choses que l'on traitent sans avoir à penser, c'est fluide et naturel.

Donc, j'aide à retrouver ces capacités là sur le ring ou dans d'autres secteurs d'activités. J'accompagne beaucoup de personnes dans pleins de challenges différents. Que ce soit de gagner de la minceur, de gagner un meilleur salaire, d'avoir de meilleur relation avec les autres ou de faire une bonne formation !

Est ce que tu as une méthode particulière pour ce coaching mental ?

J'ai fait une synthèse de tout ce que j'ai rencontré. La méthode que je pratique est un mixe de différentes méthodes. C'est une méthode qui base tout sur la qualité de la relation. Il y a un thérapeute, Jacques Lacan, qui a dit « ce n'est pas le thérapeute qui soigne mais la relation », voilà, l’être humain est un être de relation.

Quand il y a une bonne qualité dans la relation, une bonne entente, de l’empathie, de la douceur, de la sincérité et de l'amour, on se livre plus. Et lorsque l'on se livre plus, on arrive mieux à trouver les freins qui nous déranges et on arrive tout de suite à mieux les réguler.

La méthode que je pratique est basée complètement sur « la confiance en moi », « confiance dans le processus » et « confiance dans la personne que j'accompagne ».

Chaque personne qui se pose une question a en elle les réponses. Elle a juste besoin de quelqu'un pour mettre en lumière ses réponses.

C'est une méthode un petit peu surprenante et différente où je vais challenger le coaché en lui posant des questions qu'il n'a jamais entendu. C'est l'Art de questionner, selon le grand philosophe Socrate cela s’appelle « La Maïeutique », c'est à dire de faire germer les idées dans la tête de l'autre en lui posant des questions.

Par exemple, de tout miser sur l'empathie (Faculté intuitive de se mettre à la place d'autrui, de percevoir ce qu'il ressent), nous avons trop été habitué à être challengé, à secouer les gens. Comme « tout ce qui ne tue pas nous rend plus fort ». Mais je sais maintenant que chacun est différent, il peut être une personne sensible et fragile.

Moi-même, je l'ai été, je me suis menti longtemps sur mes douleurs. J'ai traversé 40 ans sans jamais parler de mon enfance et de mes passages difficiles. Et quand j'en parlais, j'en parlais avec le sourire comme l'adulte que je suis aujourd’hui. Alors qu'en vérité, j'avais encore des traces, j'avais peur que l'on m'abandonne, que l'on ne m'aime pas, j'avais peur de la pauvreté, j'avais peur de perdre mes combats, et plus j'avais peur de tout ça, plus cela se développait et c'est exactement ce qui se passait.

Souvent, l’entraîneur que tu as, il t’engueule, il te bouscule, comme on le fait tous. Il est toujours à challenger l'autre, tout le temps. Mais l’âme c'est une membrane fragile. Et l’être humain, aussi costaud qu'il soit, il a vécu des blessures dans son cœur.

Alors, un simple mot, une simple situation, peut rappeler une situation douloureuse du passé. On n’appelle cela de l’accueil, c'est d'entendre tout ce que dit le coaché, tout ce que dit le combattant, toutes les peurs qu'il a, toutes ses craintes. Tout ce qui ce dit c'est légitime parce que chacun se créé ses problèmes dans sa tête.

Même si parfois les problèmes sont juste imaginaires, les conséquences et les douleurs physiques elles sont bien réels.

Donc, je travaille sur la confiance et sur le fait qu'il y a une solution à tout. J'apporte un regard complètement positif, orienté uniquement en solution, j'apporte de la nouveauté. Comme on dit, réfléchir « Out of the box », à quoi on a pas pensé, qu'est ce que tu n'as pas encore essayé et ouvrir le champ du possible avec des questions puissantes.

Pour finir, je prends constamment appuie sur des réussites car souvent on cherche la solution dans l'émotion du problème.

Par exemple, j'ai perdu mon dernier combat et je suis entrain de chercher à gagner mon prochain combat dans l'émotion de la défaite.

Le mieux, c'est de revenir à la salle et de me mettre dans le souvenir d'une victoire. Je regarde un combat que j'ai gagné, je demande à mes sparring-partners « qu'est ce que je fais de bien ». Et une fois que je ressens ce bien-être, là, je vais regarder mon combat que j'ai perdu et je vais le voir d'un autre point de vue.

Donc, je change d'émotion, je me mets dans l'émotion de la solution car on a tous des victoires en nous, on a tous des moments où on a été excellent.

Alors, pour aboutir à cela, je travaille beaucoup avec l'hypnose, la sophrologie, la détente, pour mettre le coaché dans une situation de bien-être, de confiance qui va lui permettre de trouver ses points forts qui sont en lui.

L’être humain peut reprendre le contrôle de sa vie en changeant ses pensées.

J'utilise les outils suivant : la valorisation, le regard positif, l'orientation, la solutions. La PNL (Programmation Neuro Linguistique), l'hypnose et la relaxation. Je banalise, facilite et rend accessible à tous des informations présentées comme difficiles.

Tu travailles en coaching mental personnel avec des sportifs, des personnalités, des institutions spécialisées, des cadres, des chefs d'entreprises, des ouvriers ?

Cette méthode s’applique à chacun, le coaching, l'accompagnement, il consiste à étudier ce que l'on ne sait pas. Car l’être humain ne sait pas comment il fonctionne. Nous n'avons pas appris ce que c'était que l'égo, nous n'avons pas appris comment diriger notre mental, on n'a juste copié ce que faisaient les autres.

Comme disait « Einstein », on ne se sert que de 10 % de nos capacités et en vérité l'intelligence c'est une méthode, une recette. Le cerveau est extrêmement intelligent, c'est le plus puissant des ordinateurs. Mais en même temps, il est d'une bêtise incroyable si tu l'utilise mal.

Donc, cette méthode s'adresse à toutes les personnes, adulte, enfant, chef d'entreprise, combattant, quelle que soit l'origine, le sexe, la condition sociale, pour un résultat sportif, un résultat professionnel ou même un résultat sentimental.

Par exemple, on a tous connu la sensation de la victoire quelle que soit la manière, la manière de gagner un combat et la manière de monter une entreprise c'est différent.

De même que l'on a tous connu la sensation de colère ou de tristesse de manière différente. Alors, plutôt que de m’intéresser à « qu'est ce qui a provoqué la sensation de victoire chez toi ». Je vais plutôt m’intéresser à « comment tu te sens à l’intérieur ». Car là-dessus nous sommes tous les mêmes. Les neurosciences le disent, les sciences modernes, la physique quantique, la psychanalyse, disent que l'on fonctionne tous de la même manière. Depuis tout petit, je parle au cœur des gens et je sais que cela marche...

Tu penses que tout le monde a besoin d'un coaching mental pour avoir une bonne énergie au quotidien ?

Est ce que tu connais quelqu'un qui n'a pas besoin de se sentir mieux ?

Bien-sûr, c'est une évidence, nous allons tous bien, nous sommes des êtres qui sommes fait pour nous développer, développer notre corps physique, notre intelligence, notre empathie, nos relations, nous sommes comme des plantes vertes soit on grandit soit on meurt.

Mais il y a un moment quand on stagne, quand on a obtenu la ceinture que l'on voulait, l’entraîneur que l'on voulait, le sponsor que l'on voulait. Là, on est content, on dort sur nos lauriers. Mais là notre âme qui est notre épine qui est insatiable, qui a envie de grandir, elle commence à s’ennuyer et elle sabote elle même tout ce qu'elle a acquis.

Et on ne peut pas grandir seul, on a besoin de quelqu'un qui a une information différente, on a besoin d'un professeur, d'un maître, d'un guide, d'un mentor ou d'un coach.

Oui, on a tous besoin, une fois par semaine, une fois tout les quinze jours d'un coaching. On le fait inconsciemment en écoutant notre mère, nos oncles, notre entraîneur, en lisant un livre, on va chercher des nouvelles connaissances.

Cela s'adresse vraiment à tout le monde, à ceux qui vont bien comme aux personnes qui ne vont pas bien.

Mon rêve à la base serait de faire du coaching intégratif, c'est à dire de voir un coach une fois tout les quinze jours. Même quand cela va bien, bien avant que le problème arrive. On n'attend pas d'avoir la bouche pleine de caries, on se lave les dents avant.

J'ai souvent des combattants qui m’appellent seulement la veille de leur combat. Par ce qu'ils se rendent compte qu'ils ont caché leur peur, leur douleur, ils ont une douleur émotionnelle qui revient et tout ce que tu ne traite pas revient un jour. Les boxeurs, les pratiquants d'Arts martiaux sont très malins pour cacher leur peur.

Les paysans, ils disent « c'est l'été que l'on répare le toit de la grange, ce n'est pas l'hiver quand il fait - 20 ». Donc, même quand vous allez bien, il faut aller voir un thérapeute, un préparateur mental, un coach mental, pour renforcer vos points forts. Comme cela quand les problèmes vont arriver vous serez préparés !

Quels sont les sportifs que tu as coaché mentalement ?

Je n'ai pas coaché énormément de combattants car dans ce milieu ils sont très réfractaire à la nouveauté. Ils mettent tout dans l’entraînement physique, l'alimentation, le fractionné, le crossfit et le coaching mental vient en dernier recours.

Comme sportif connu j'ai coaché Mamadou Sakho (Défenseur central au Liverpool FC) le footballeur de l'équipe de France, j'ai coaché Cyril Benzaquen (Champion du Monde de boxe Thaï, Champion d'Europe de Kick Boxing) qui a été l'un de mes élèves.

J'ai aussi coaché Yohan Lidon (15 fois champion du Monde de boxe Thaï, Kick Boxing, K1). J'ai fait trois round de sparring avec lui pour un direct sur facebook. Et pendant son entraînement, son échauffement, je lui glissait des petits mots magiques que l'on appelle des strokes, ce sont des petits mots qui « Parlent » et qui lui font prendre conscience à quel point il est bon, il est fort. J'ai coaché Karim Souda (Champion d'Europe de boxe Thaï) qui avait refait un combat au Lavandou en 2015. Il m'avait demandé de le coacher juste avant son combat car il n'avait pas boxé depuis deux ans, il a remporté son combat par KO avec un magnifique High Kick.

En ce moment, je suis en pourparler avec le champion de MMA Johnny Frachey pour l'accompagner en fin de saison.

Aussi, dans mes entraînements collectifs je coach les personnes également car je dissimule la préparation mentale dans les exercices. Je fais aussi beaucoup de stages en province et dans des petits clubs.

Mon champ d'action aujourd'hui c'est l’éducation nationale, le secteur de l'entreprise et maintenant les médias et la politique.

 

COURS DE BOXE AVEC AURÉLIEN DUARTE

 

COURS DE KARATÉ AVEC AURÉLIEN DUARTE

 

Tu as aussi préparé des policiers du GIGN, c'était pour le mental ou pour le physique leur préparation ?

Oui j'ai entraîné les policiers du GIGN pendant deux ans. Mais c'était pour des préparations physiques. C'était plus pour amener la boxe d'une manière différente. Car durant leur cour de boxe, ils se foutaient trop sur la gueule et ils se blessaient. Et lorsqu'ils partaient en opération, ils étaient blessés.

Donc, le GIGN m'avait contacté pour venir mettre de la douceur, de la technique dans leur entraînement de boxe, pour qu'ils arrêtent de se taper dessus comme des malades à tout leur entraînement.

Il y a même beaucoup de boxeurs qui se tapent dessus de plus en plus fort et qui se blessent souvent, « No pain, no game », il faut souffrir pour y arriver, il faut que cela soit dur. Oui la vie c'est un combat mais on est pas obligé de se battre pour tout, pas tout le temps.

Regarde les thaïlandais quand ils boxent, l'importance de la joie, le plaisir qu'ils ont a monter sur le ring, c'est leur métier mais ils aiment ça.

Le GIGN comme les gens qui m'appellent, ils m'appellent pour ça, pour sortir de ce schéma infernal qui consiste à « en chier » pour gagner.

Mais au final, on finit par payer l’addition avec des blessures, des disputes avec des gens ou des sautes d'humeurs.

Aujourd'hui, on peut obtenir des bons résultats avec moins de douleur, plus d'efficacité et plus de confort. En ménageant mon corps, comme souvent le font les champions en fin de carrière, je peux optimiser sans m’abîmer et sans forcement durcir mon mental qui va m’épuiser...

Tu travailles seul aujourd'hui car pendant un moment tu étais avec le champion Pascal Lafleur (Champion du Monde de Kick Boxing, champion d'Europe de Kick Boxing, champion de France de boxe Thaï) qui fait depuis longtemps du coaching mental ?

Oui Pascal Lafleur est celui qui m'a mis le « Pied à l'étrier ». C'est l'un des pionniers du coaching mental avec la boxe pieds et poings, il y a déjà presque 20 ans.

Il m'a aussi initié à la neuroscience et à la bonne pédagogie. En tant que pédagogue, on a pas forcement la bonne méthode, les bons mots pour que cela impacte mieux le cerveau.

Par exemple, quand tu dis à un élève « Baisse pas ta garde » cela lui demande un travail considérable au cerveau pour comprendre ça. Car on n'est dans la négation. Alors que tu lui dis « Monte les mains », il comprend immédiatement.

Donc, j'ai travaillé avec Pascal mais maintenant je vole de mes propres ailes. Mais je m'entoure d'autres coachs aussi, on échange nos expériences, un bon coach c'est un coach qui apprend encore tous le jours.

Je fais régulièrement des formations, je suis entouré par des sophrologues, des hypnothérapeutes, des neuroscientifiques et d'autres coachs.

Aujourd'hui, l'athlète a besoin d'avoir la tête, les jambes et les émotions. Et même au-delà, on parle maintenant du corps énergétique, du corps spirituel, il y a énormément de boxeurs qui ont une spiritualité. Je ne parle pas de religiosité. Mais ils pensent avoir une mission sur terre et ceux-là souvent ont des supers réussite.

Je ne travaille pas seul mais par contre mes séances je les fais en général seul.

 

AURÉLIEN DUARTE AVEC PASCAL LAFLEUR

 

Est ce que tu as suivi des formations particulières ?

Je n'ai pas suivi beaucoup de formation car je suis plutôt un autodidacte.

Je prends l'exemple de la boxe, le direct du gauche tu peux suivre des formations et puis tu peux passer 4 h devant un sac à le faire de pleins de manières différentes.

J'ai suivi une formation chez Ecosport qui était basée sur l’écologie relationnelle, c'est à dire de la qualité de la relation entre l’entraîneur et l’entraîné.

Cette formation utilisait les recettes de la réussite sportive pour les appliquer à la vie. Ce qu'ils ont de particulier les sportifs, c'est que leur recette est mesurable. Quand tu vois un boxeur sur le ring, il peut te raconter ce qu'il veut, si ça ne va pas tu vois ce qu'il fait. Donc, on peut voir tout de suite ce qui marche et ce qui ne marche pas.

Mais pour le commun des mortels, tous les jours, nous avons des supers réussite mais personne ne le sait car personne nous a vus, personne nous a filmé...

En parlant de recette, je crois que tu es devenu végétarien, est ce que ce type d'alimentation est aussi bénéfique pour le physique et le mental ?

Oui effectivement, je suis végétarien et depuis six ans je ne m'alimente que d'une alimentation vivante.

Je sais que cela peut choquer ce que je vais dire mais pour moi il y a deux formes d'aliments, les aliments vivants et les aliments morts.

Nous le savons aujourd’hui, nous avons la même biologie que les animaux les plus forts, la même biologie qu'un singe.

Je suis désolé si je heurte certaine sensibilité. Mais aller regarder la science, chimiquement à l’intérieur nous fonctionnons comme énormément d'animaux. Et les animaux qui nous ressemblent le plus sont des animaux qui sont frugivores et herbivores. Nous n'avons rien d'un carnivore.

Par exemple, un buffle, un taureau de corrida, un cerf, un cheval, qu'est qu'ils mangent ? De l'herbe et des végétaux.

Et nous pour être fort nous avons voulu manger le bœuf. Cela ne fait que 150 ans que nous mangeons de la viande à tout les repas.

La viande crée des maladies cardiovasculaires, elle crée de l'obésité, du surpoids, la viande est acide pour l'estomac.

Tout le monde croit que pour être puissant il faut manger beaucoup de viandes. Mais regardez un gorille de 250 Kg, un dos argenté, l'une des bêtes les plus puissantes sur terre. Qu'est ce qu'il mange ? Des fruits.

On nous a fait croire que pour avoir des muscles il fallait manger des muscles. C'est aussi stupide que si je disais « pour avoir des beaux cheveux, il faut manger des beaux cheveux ».

Et depuis six ans que j'ai changé mon alimentation, j'ai retrouvé le poids de mes 20 ans. On n'a pu le voir sur le ring pour le gala des vétérans à Japy contre Krongsak, à 46 ans, je suis plus affûté que lorsque je m’entraînais, j'ai perdu 10 Kg de protéine que j'avais en trop.

Déjà, durant ma carrière de boxeur, je ne mangeais pratiquement pas de viande rouge car on m'avait dit que l'acidité de la viande rouge abîmait les tendons. Et je te parle de cela c'était en 1994. D'ailleurs, j'étais étonné que l'on ne le dise pas à tout le monde, que les personnes continuent à manger leur steak quotidien pour s’empoisonner. Parce que ceux qui nous vendent la viande sont les mêmes que ceux qui nous vendent les médicaments pour soigner les maladies dû à la consommation de viande.

Notre corps n'est pas fait pour manger de la mort, je sais que cela choque de dire cela, que cela touche la famille, les traditions, la religion, les habitudes mais c'est vrai.

Quand tu regardes ce qui se passe dans les abattoirs, quand tu vois les vidéos sur la maltraitance des animaux, tu n'aimes pas cela, alors si ce n'est pas bon pour tes yeux comment cela peut être bon pour ton corps ?

Durant ma carrière sportive, déjà je mangeais beaucoup de fruits et de crudités. Mais parois, j'écoutais les autres qui me disaient que je devais manger des sucres lents. Alors, je me gavais de pâtes, de viandes, et à la fin je sentais que j'avais toujours des lourdeurs d'estomac, des brûlures d'estomac, et au final je prenais 10 Kg de plus !

Maintenant, il y a de plus en plus de sportif de haut niveau qui deviennent végétariens et qui obtiennent des supers résultats sportifs.

Mike Tyson est devenu végétarien, Carl Lewis, le champion olympique de lutte Chris Campbell, et pleins d'autres...

Comment tu as fait pour développer ton mental qui t'a permis de réussir ta carrière exemplaire de boxeur ?

Souvent, le mental on le met en premier parce qu'on pense que le cerveau c'est « l'empereur » du corps. Alors qu'en vérité, le mental ce n'est qu'un « soldat ».

Le cerveau n'est qu'un outil. Quand un enfant est dans le ventre de sa mère ce n'est pas le cerveau qui le raccorde à sa mère, c'est le cœur.

Quand quelqu’un meurt, c'est quand le cœur s’arrête, parfois le cerveau fonctionne encore, mais la vie elle est dans le cœur.

Tout cela c'est de l'émotionnel. Et ce qui m'a permis de développer mon mental, c'est que j'aimais profondément tout ce que je faisais, j'aimais le basket, j'aimais le tennis de table, j'aimais la boxe. Et le fait d'aimer ce que l'on fait cela nous rend enthousiaste, c'est ça qui nous motive.

Ce qui m'a permis d’être champion du Monde à 26 ans, en commençant la boxe à 21 ans avec une soi-disante « maladie des os de verres », c'est mon enthousiasme, quelqu'un qui aime ce qu'il fait et qui croit à ce qu'il fait est inarrêtable.

J'ai utilisé ma passion, mon envie, mon désir, ma joie, pour faire fonctionner mon cerveau qui n'est qu'un soldat. Ce qui développe en vérité le mental d'un champion c'est l'amour de ce qu'il fait. Est ce que tu as déjà vu des champions qui réussissent et qui font la gueule, non !

Pour finir, quel est ton secret pour avoir toujours cette joie de vivre qui te caractérise ?

Cette joie de vivre, c'est un élan naturel que l'on a quand on n'est enfant, on s'extasie pour tout. les enfants sont contents pour tout, ils ont une innocence pure.

Il faut voir le miracle dans tout chose comme un enfant, j'ai gardé mon âme d'enfant. Je m'aime quand je suis bon, quand je suis mauvais, quand je perds mes combats, quand je ne gagne pas d'argent, c'est cet amour que je me porte qui fait que je n'ai plus besoin d'attendre l'amour des autres, je suis auto-alimenté en amour.

Je me suis promis quand j'étais enfant que quand je serais grand, je serais l'adulte que j'aurais rêvé de rencontrer et c'est ce que j'essaye de faire tout les jours.

Tout les jours, je donne des sourires et des conseils mais je reçois énormément aussi. Il faut donner ce que vous avez envie de recevoir, c'est ça le secret !

 

 

Aurélien Duarte intervient :

Le mardi et jeudi à Châtillon pour le Muay Thaï et la confiance en soi.

Un mercredi sur deux à la section MMA du Racing Club de France.

Sur la chaîne TV l'équipe.

Dans les clubs et entreprises à la demande.

Facebook : Aurélien Duarte

Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Aurélien Duarte a incarné son propre rôle dans une série documentaire qui s’appelait « Planète Fight », une émission dans laquelle il a parcouru le monde à la rencontre de différents combattants d'Arts martiaux. Il y a eu trois épisodes qui ont été tournés en 2013. Le premier sur la lutte sénégalaise à Dakar, le second sur le jiu-jitsu brésilien à Rio de Janeiro et le dernier sur la boxe birmane à Rangoon, au Myanmar (Birmanie) !

 

 

 

AURÉLIEN DUARTE EN BIRMANIE

 

AURÉLIEN DUARTE AU BRÉSIL

 

AURÉLIEN DUARTE AU SÉNÉGAL AVEC LES LUTTEURS ET L'ENTRAÎNEUR FABRICE ALLOUCHE SURNOMMÉ « LE SORCIER BLANC »

 

AURÉLIEN DUARTE EST COMMENTATEUR SUR LA CHAÎNE L'ÉQUIPE



AURÉLIEN « MAGIC » DUARTE

Surnom : Le Gentleman des rings

Date de naissance : 20 octobre 1970

Poids : 75 Kg- 85 Kg

Hauteur : 1m87

Nombre de combat : 120. 104 victoires. 2 nuls. 14 défaites

Titre : Champion du Monde de Kick Boxing (1997, 1999, 2004, 2006), Champion du Monde de boxe Thaï (1996, 2000), Champion du Monde de Karaté Shidokan (1998), Champion d'Europe de Kick Boxing (1994), Champion d'Europe de boxe Thaï (1994, 1995), Champion de France de Kick Boxing (1992, 1993, 1994)

 

Champions qu'il a affronté Orlando Wiet, Moussa Sissoko, Stéphane Nikiéma, Dominique Siegler, Marco London, Ashwin Balrak, César Cordoba, Frédéric Bellonie, Dany Bill, Hey Puthong, Tyrone Spong, Kaoklai Kaennorasing !

 

LE GENTLEMAN DES RINGS EN ACTION

 

 

 

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Lumpinee Boxing Stadium