LES ENFANTS GLADIATEURS DU STADIUM DE KHON KAEN

special report by Serge TREFEU (2008)

 

Khon Kaen est la troisième plus grande ville du nord-est de la Thailande. Situé au cœur de la région de l’Isaan elle compte environ 146 000 habitants. La région de l’Isaan avec celle du Sud est réputée pour produire les meilleurs boxeurs de la Thaïlande. Ici c’est la source du muay thaï.

Les graines de champions sortent souvent de cette région qui est l’une des plus pauvres du pays. Parmi les champions les plus connus originaires de Khon Kaen ont peut citer

Krongsak Prakong Boranrat, Somsong Noi, Somrak Kamsing, Kaoklaï Kaennorasing, Robert Kaennorasing, Rolek Kaennorasing, Wanvisep Kaennorasing, Karuhat Sor Supawan et le légendaire Pud Pad Noy Worawoot !

A Khon Kaen la plupart des nakmuays viennent souvent des environs de la ville.  En effet, la région compte plusieurs petits camps qui n’ont en majorité qu’un ou deux boxeurs. Quelques camps plus importants comme le Soosompong à Banpaï (40 Km de Khon Kaen) ont cependant parfois jusqu’à trente boxeurs dans leur école.

Jadis le plus grand des camps se trouvait dans le village de Ban Deng Noï à 18 Km de Khon Kaen. Il s’appelait le camp kaennorasing du nom de son fondateur Kaendjaï Norrasingh, figure légendaire du muay dans la région. Autrefois le camp fourmillait de petits  gladiateurs des rings. Lorsqu’ils devenaient aguerries, vers l’âge de 14/15 ans les meilleurs d’entre eux partaient à Bangkok dans les grands camps comme le Jocky Gym.

La structure du camp, entouré de rizière, était vraiment archaïque. Un hangar abritait un ring miteux avec quelques sacs de frappe délabrés. Une grande pièce en parpaing sans fenêtre servait de dortoir collectif.

Kaendjaï Norrasingh s’occupait de dénicher les jeunes espoirs qui s’entraînaient dans son camp. Si un jeune nakmuay sortait du lot, alors il était envoyé à Bangkok. Au Jocky Gym c’est Wanviset Norrasingh, le fils de Keandjaï, grand champion, qui recevait les boxeurs. Wanviset supervisait le camp avec Somat propriétaire du Jocky. Les champions comme Kaoklaï, Robert, Rolek, Yotchaï et Ningmongkon ont gardé le nom de leur ancien camp où ils ont grandis et combattus, en hommage à leur Khrou (maître). C’est pourquoi, ils s’appellent Kaoklai Kaennorasing ou Robert Kaennorasing. C’est leur nom de combattant.

Malheureusement, beaucoup des enfants du camp de Kaendjai qui rêvaient de gloire et de richesse ne sont jamais partis à la capitale. Seuls les meilleurs ont fait carrières, les autres sont retournés travailler dur dans les champs en emportant avec eux que leurs courages. Aujourd’hui, il ne reste plus que les structures du camp mais la villa du célèbre Keandjaï Norrasingh est toujours là. Très fastueuse elle contraste avec les maisons plus modestes du village.

Les petits nakmuays de ce camp comme ceux de toute la région ont souvent boxé dans les fêtes de village sur des rings improvisés. Les fêtes de village ont lieu pratiquement tous les week-ends. Mais parfois une à deux fois par mois de grande réunion sont organisées dans la capitale de la région, Khon Kaen.

A Khon Kaen, il n’existe pas de stadium permanent comme dans les villes proches tel que Buriram, Roi Et, Maha Sarakham, Kalasin et Yasothon qui sont pourtant plus petites. Le samedi soir un stadium est monté de toute pièce pour l’occasion. L’endroit dans la ville ou le stadium est installé n’est jamais le même. Les gens sont informés du lieu seulement quelques jours avant l’événement. Seuls les promoteurs, les parieurs, les membres des familles des boxeurs et quelques personnes du quartier ou la soirée va se dérouler sont aux courants de la réunion de boxe…

Le stadium en pleine air est composé de grande tôle qui fait office de mur pour entourer un ring élevé au centre. L’entrée est de 180 bahts pour tout le monde. Aucun siège, les spectateurs se tiennent debout autour du ring. Dans les coins du stadium, les familles s’assoient toutes à même le sol sur des nattes apportées par chacun. Le début des combats est annoncé pour 20H30.

Mais à 21H30, la soirée n’est toujours pas commencée. Pratiquement personne n’est rentré dans le stadium car la majorité des gens comme d’habitude trouve difficilement l’endroit. Les familles viennent parfois de très loin et connaissent mal la grande ville. Beaucoup sont des ruraux très pauvres qui emmènent leurs propres enfants boxer. Aussi des camps comme le Soosompong ont toujours plusieurs nakmuays prêt à combattre dans ces grandes soirées. Les gens arrivent parfois en pick up flambant neuf ou en vielle camionnette rouillée.  Ils sont souvent assis entassés à l’arrière, emmitouflés de couvertures pour ne pas prendre froid sur la route.

Pendant que les gens s’installent au quatre coins de l’enceinte, les promoteurs commencent à organiser les combats entre jeunes boxeurs. Il n’y a pas de pesée, les rencontres se négocient  pratiquement au dernier moment. Les petits nakmuay qui ont à peut près le même nombre de combat et la taille semblable se rencontrerons. Quelque fois de longue discussion sont nécessaire pour mettre tout le monde d’accord.

Ici malgré l’enjeu important des matches, l’ambiance est festive, l’alcool local coule à flot et les parieurs rigolent avec les familles de combattants. Les enfants sont enduits de la fameuse nammuay (huile chauffante) et s’échauffe juste quelques minutes avant d’attaquer les hostilités sur le ring.

Les matches vont s’enchaîner jusque tard dans la nuit. Les plus jeunes nakmuays ont entres 9 et 10 ans avec une quinzaine de fights à leurs actifs. Pour les plus vieux qui ont entre 12 et 13 ans certains engrangent déjà plus de 50 combats !

Les combats sont intenses et toute la panoplie technique du muay thai est offerte au publique, excepté les coudes qui sont peux utilisés par les plus jeunes boxeurs. Les K.O sont aussi très rares car la puissance des coups n’est pas la même que celle des adultes. Mais après leur éventuelle victoire on peut lire dans leurs yeux une grande fierté. Ces petits gladiateurs des rings ont déjà le « fighting Spirit » (esprit du combattant) en eux et  sont prêts à combattre dans les stadiums mythiques de Bangkok.

Qui sait, parmi ces jeunes guerriers se trouve peut être des futurs Seanchaï (Maha Sarakham), Leucila (Chum Phae), Kaoklaï (Khon Kaen), Somrak (Khon Kaen), (Buakaw (Surin)  ou Yodseanklai (Khorat)…

 

 

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