Interview du Chef MEHDI KEBBOUL

par Serge TRÉFEU (2018)

 

 

 

Serge TREFEU : Bonjour Mehdi comment ça va ?

MEHDI KEBBOUL : Ça va très bien, merci

Dans la vie Mehdi tu as deux passions, la grande cuisine et le Muay Thai, on va commencé par la boxe thaï, comment tu as découvert la boxe et qu'est ce qui t'a attiré dans ce sport ?

J'ai découvert la boxe à 17 ans. Je travaillais déjà depuis l'âge de 13 ans. C’était dans les année 90 où l'apprentissage en cuisine était assez dur. J'avais besoin d'un défouloir car, comme beaucoup de cuisiniers, je fumais et j'avais une hygiène de vie alimentaire pas vraiment au top.

A Béziers, il y avait un club de boxe thaï. La première fois que je suis rentré dans cette salle de boxe chez Fayad, j'ai adoré les mouvements des jambes, j'ai eu une sorte de coup de foudre, je me suis directement projeté comme « Boxeur » sans avoir fait le moindre entraînement...

Dans quel club tu as commencé, il y avait qui dans ce club ?

C'était le club de Fayad à Beziers, c'était un club familial. Mais à l'époque, il y avait quand même des anciens qui avaient boxé à haut niveau, des gars comme Yunes

Est ce que tu as fait plus attention à ton hygiène de vie en t’entraînant régulièrement à la boxe ?

Oui, je m’entraînais les jours de repos, j'avais une grande rage et une grosse envie. Cela m'a tout de suite canalisé, j'ai arrêté la clope, mon corps a changé, mon hygiène de vie c'est améliorée. J'ai combattu seulement après quelques mois de boxe, j'ai gagné mon combat et j'ai voulu boxer de nouveau très vite (Rire)

Tu as fait ton premier combat en classe C ?

Oui, j'ai commencé à faire mon premier combat en classe C. Ensuite, je suis rapidement passé en classe B, puis je suis parti sur Toulouse

A Toulouse tu as été dans quel club ?

A Toulouse, j'ai rencontré Chalunlape (Grand Champion Thaïlandais qui vit depuis 15 ans en France). Ma sœur habitait à Toulouse, je logeais chez elle et dans son quartier il y avait un club de boxe thaï, c'était celui de Weera (Chalunlape). Lorsque j'ai rencontré Chalunlape cela été une révélation pour moi, il m'a beaucoup appris, à l’entraînement et humainement. Même dans la cuisine car cela m'a permis d'être fort, c'est un exemple pour moi.

Chalunlape m'a peaufiné, nous sommes devenus comme deux frères, il y avait une équipe de fou dans le club à l'époque avec Gafary Boussari, Pascal Castet, Kada Bouamama, Mehdi Saadi, Yoan Dhin, Sana, Terence Bastie, Chalunlape était le fer de lance du club !

J'ai gravi les échelons très vite car au fond de moi je voulais que mon ascension soit rapide. Ma passion était d'abord voué à la cuisine donc je voulais obtenir très vite des résultats en boxe. J'ai fait quelques combats en amateur puis en semi professionnel et en professionnel au bout de deux ans.

Le fait d'avoir commencé la cuisine très tôt dans une grande maison m'a ouvert facilement des portes pour travailler. Mais lorsque j'étais en préparation de combat c'était vraiment très dur, comme je suis assez pudique je ne disais pas aux cuisiniers que j'étais boxeur et je ne disais pas non plus aux boxeurs que j'étais cuisinier...

 

MEHDI KEBBOUL AUX PAOS AVEC LE GRAND CHAMPION CHALUNLAPE

 

SPARRING AVEC CHALUNLAPE

 

SPARRING AVEC TONY FIORELLI AU CLUB DE CHALUNLAPE

 

WEERA CHALUNLAPE, MEHDI KEBBOUL, PASCAL CASTET, XAVIER VACARIS, TERENCE BASTIE

 

 

Tu as combattu uniquement en Muay Thai ou tu as essayé d'autres styles de boxe ?

J'ai boxé une fois en Kick Boxing en Espagne, à Majorque, je n’ai pas trop aimé, je préfère le Muay Thai

 

MEHDI KEBBOUL EST UN PUR NAKMUAY QUI EFFECTUAIT TOUJOURS SON RAM MUAY (PHOTO CHRISTOPHE CABLAT)

 

Combien tu as effectué de combats ?

J'ai fait 38 combats avec une dizaine de défaites, pratiquement que des combats en Pro, je n'ai pas forcément une grande carrière parce que travailler en cuisine et s’entraîner à haut niveau c'est difficile. Parfois, je combattais « au pied levé », je boxais souvent « à l'arrache ». Je déconseille de faire cela car pour la santé c'est assez dangereux. Avec le recul, je m’aperçois que j'étais très insouciant, j'avais perdu mes parents très tôt et je n'avais pas peur du danger d’où des combats toujours engagés avec aucune stratégie !

Mais à un moment, c'est devenu impossible physiquement de concilier les deux, la cuisine et la boxe. Alors, à 26 ans, j'ai dû stopper la boxe. Car en cuisine il faut être à 100 %. En travaillant en cuisine, tu peux faire un peu de sport mais pas de la compétition à haut niveau. Si je voulais monter plus haut en boxe, il aurait fallu impérativement que j’arrête ma passion, la cuisine. Et cela c'est impossible...

Travailler en cuisine et s'entraîner à haut niveau en boxe thaï c'est vraiment un exercice difficile à réaliser, comment tu es arrivé à gérer ça ?

C'était vraiment très dur, il fallait être un peu en mode « Forrest Gump » pour faire ça, les journées étaient toutes millimétrées. Parfois, j'arrivais pour un combat en étant très fatigué. Après les combats, j'avais tendance à aimer un peu trop la vie, j'aimais aller manger dans les grands restaurants. Lorsque je devais retourner à l’entraînement c'était un peu dur, pour maintenir un poids de forme ce n'était pas facile. C'est pour cela que j'ai eu un peu de déchet dans ma carrière de boxeur...

 

MEHDI KEBBOUL COACHE SON POTE TONY FIORELLI POUR SON COMBAT CONTRE LE GRAND CHAMPION ALBERT CHEY COACHÉ PAR RODRIGO ALAMOS

 

Quelle technique tu aimais bien placer en combat ?

Le middle jambe arrière et le corps à corps

Tu avais quel style de boxe ?

Mon style était plutôt offensif, beaucoup de middles et des séries de genoux. Je ne faisais qu'avancer et j'aimais le contact. Je prenais pas mal de coups. Mais ça va j'ai encore tous mes neurones pour faire des bonnes recettes (Rire)

Dans quelle catégorie tu boxais ?

En – 71 Kg

Contre quels adversaires connus tu as combattu ?

Après mes longs séjours en Thaïlande, j'ai combattu en France contre les meilleurs de ma catégorie car je voulais voir ce que j'avais dans le ventre. J'ai boxé Geoffrey Mocci (Champion du Monde de Kick Boxing), Frédéric Berrichon (Champion d'Europe), un boxeur très solide qui a été un peu gentil avec moi car c'était un combat où je remplaçais Chalunlape au pied levé. J'ai rencontré Aïello Batonon (Champion du Monde, champion d'Europe), Djimé Coulibaly (Champion du Monde, champion d'Europe), Mourad Bourachid (Champion d'Europe), Guy Albert Gineau (Champion de France)...

 

MEHDI KEBBOUL CONTRE LE CHAMPION FRÉDÉRIC BERRICHON AU GALA CHOK ONE A TOULOUSE EN 2008

 

Tu as été plusieurs fois en Thaïlande, raconte nous un peu tes voyages là-bas, dans quel camp tu es allé ?

Je suis allé au camp Chuwattana Gym à Bangkok, la Thaïlande a été une grande découverte pour moi, cela m'a beaucoup apporté, autant pour la cuisine que pour le Muay Thai. Au camp Chuwattana, je suis resté quatre mois. Après, je bougeais à droite et à gauche, en tout, au début, je suis resté six mois en Thaïlande. Le Chuwattana Gym c'était ma seconde maison, je dormais avec les thaïs, je m’entraînais avec eux

C'était en quelle année ?

C'était au début des années 2000, je suis resté quatre mois grâce à Chalunlape qui avait convaincu le patron du Chuwattana Gym de me prendre. A cette époque, les étrangers dans les camps de boxe en Thaïlande étaient encore synonyme de vice, d'alcool et de sexe.

Aujourd'hui, dans les camps de boxe le business du Muay Thai a prit le dessus, n'importe qui peut s’entraîner dans les camps du moment qu'il paye. Je trouve cela dommage car il n'y a plus le côté magique de pouvoir rentrer dans ces lieux à huit clos et de devoir travailler trois fois plus pour être accepté et respecté par les thaïlandais...

Il n'y avait pas encore les champions Lamsongkram (Champion du Radja, champion du Monde) et Jomthong (Champion du Radja, champion du Monde) dans le camp Chuwattana ?

Non, moi je suis arrivé quand il y avait Monfalek, un boxeur très redouté à l'époque, c'était un peu le Anuwat du moment. Il y avait aussi Kayasit et Noppadet. Mais Lamsongkram et Jomthong, ils n'étaient pas encore là

Les entraînements étaient durs au Chuwattana ?

Oui, très dur, au début je me demandais vraiment ce que je faisais ici (Rire).

Grâce à quelques collègues Chefs, j'ai pu travailler à Bangkok dans des structures internationales comme le Ladmark Hotel où j'ai appris la cuisine thaïlandaise.

Quand j'ai demandé au patron du camp qu'il me donne les clés du Chuwattana Gym afin que je puisse aller travailler tranquillement, il savait que je n’étais pas un tordu. Il m'a dit « ici c'est chez toi ». Mais avant d'aller travailler, il fallait impérativement que le matin, même si je ne combattais pas, je fasse mes 10 Km en courant avec tous les boxeurs du camp.

Alors, après mon footing quotidien, je me douchais rapidement et je partais au travaille. C’était une vie de bohème, paisible. Le soir, quand je rentrais, je ramenais toujours des pâtisseries aux enfants du camp, ils adoraient ça. Je suis resté quatre mois de plus dans le camp...

Est ce que tu as combattu en Thaïlande ?

J'ai fait cinq combats en Thaïlande. J'ai boxé deux fois à Pattaya et trois fois à Bangkok au stadium du Radja.

Tu as combattu au stadium du Radja ?

Oui, au mythique stadium du Radja. Les thaïs ne m'ont pas mis forcément « des tueurs » en face de moi. Mais j'ai boxé durant une grosse soirée au Radja, il y avait plusieurs ceintures misent enjeu, le stadium était plein à craqué. C'était impressionnant, le promoteur Chujaroen (Propriétaire du camp Chuwattana Gym et promoteur au Radja) m'a mis là dans le programme de cette grande soirée et cela c'est bien passé.

J’étais ému et à la fois très concentré, ce fut un grand moment, j'ai gagné par KO. Après le combat, nous sommes tous partis faire un karaoké. Je me souviens que ce soir-là, j’étais comme sur un nuage, j'avais combattu au stadium du radja et je suis passé ensuite dans un journal thaïlandais !

Tu allais voir souvent des combats dans les stadiums de Bangkok ?

Oui avec la team du Chuwattana, c'était un peu comme ma famille. Et dès que M. Chujareon faisait une soirée, j'avais un accès libre au stadium, je rentrais comme un thaï avec mes tongs (Rire)

Quels sont tes combattants thaïs préférés ?

A l'époque des années 90, j'aimais bien Sakmongkol, il avait une boxe agressive, c'était quelqu'un d'entier, Kaolan aussi, un grand boxeur et bien sûr Weera Chalunlape. Pour la nouvelle génération des années 2000, j'aimais bien Jomthong Chuwattana et Kaew Fairtex

Tu as appris à parler le thaï ?

« Nitnoi » (Un peu) (Rire)

Et au niveau français quel champion tu aimes bien ?

J'aimais bien Morad Sari, c'était un boxeur généreux. Sinon maintenant Fabio Pinca qui est pour moi le fer de lance du Muay Thai français, il survole le Muay encore actuellement. J'aimais bien aussi Kada Bouamama qui était impressionnant, il me faisait penser à Badr Hari !

Ton meilleurs souvenir de boxe ?

Mon meilleur souvenir de boxe c'est mon combat face à Geoffrey Mocci qui venez juste d’être champion du monde de Kick Boxing. J'ai combattu ce soir-là devant tous mes amis et entraîneurs. Et j'ai gagné le match, c’était un beau moment !

Aussi, un combat que j'ai fait en classe B, contre Guy Albert Gineau, c'était un combat intensif, je n'ai pas gagné mais il y a eu des bons échanges, on s'est vraiment donné à fond !

 

VICTOIRE DE MEHDI KEBBOUL SUR LE CHAMPION GEOFFREY MOCCI

 

Tu as beaucoup voyagé pour ton travail, tu as été notamment en Australie, est ce que tu as eu l'occasion de t’entraîner dans un club de Muay Thaï en Australie ?

Oui, j'ai eu l'occasion de m’entraîner. Mais je suis allé dans ce pays vraiment pour travailler, j'étais d'abord à Brisbane. Dans la ville, il y avait un club de boxe thaï, c'était un thaïlandais qui tenait le club. Je suis allé m’entraîner dans ce club. 

C'est grâce à la boxe que j'ai voyagé avec Chalunlape. Cela m'a donné envie de sortir de ma zone de confort. Je n'aime pas rester dans un carcan, il me faut des risques.

Je suis parti en Australie sans savoir parler l'anglais. Adolescent, j’étais amoureux de Catharina de la série TV australienne « Hartley, cœurs à vif » et ce pays m'a toujours attiré. J'étais vraiment curieux de découvrir l'Australie.

Mais une fois sur place, ce fut une catastrophe car je ne maîtrisais pas du tout l'anglais et toutes les portes pour travailler se sont fermées. J'avais tous lâché pour aller là-bas, un billet aller simple en classe Économique...

Encore une fois, Dieu m'a aidé car je suis finalement tombé sur une famille franco-bosniaque à Brisbane. Ils m'ont fait travailler dans leur restaurant. Je faisais toujours des footings avant d'aller travailler, à Brisbane le climat est très doux. Ensuite, j'ai une opportunité pour un poste à Melbourne. Mon travaille à Melbourne était bien payé, j'avais un bon salaire par semaine. Je suis resté plus d'un an en Australie.

Mais le pays de la gastronomie et plus particulièrement Paris m’appelait dans mon cœur. Il fallait que je me trouve là-bas pour m'épanouir. Mes collègues australiens ont été surpris que je quitte ce pays. Parce que je commençais à avoir des bonnes opportunités qui affluaient. C'est là que j'ai compris que je n'étais pas un homme à fric mais un homme de défis et de passion !

Parlons maintenant de ton autre passion, la cuisine, tu as commencé à quel âge dans le métier ?

J'ai commencé à 13 ans au châteaux de mon village qui avait une étoile Michelin avec le chef Robert Abraham. Je suis resté quatre ans, deux ans en tant que pré-apprenti et deux ans en apprenti. Avec un changement de chef qui s’appelait Pascal Alonso.

C’était magique, je rêvais depuis tout petit de faire ce métier et voilà que je rentre au château de mon village qui était magnifique. J'ai appris les bases du métier qui me sont primordial aujourd’hui.

A 17 ans et demi, j'ai eu mon C.A.P et à 18 ans j'ai obtenu mon premier poste d'ouvrier cuisinier chez un traiteur très réputé. J'ai continué d'apprendre l'organisation, toujours avec des beaux produits, une cuisine 100 % du Languedoc.

Ensuite, j'ai eu un premier poste de chef au bord de la mer où je travaillais les produits à la plancha. C'était un poste assez complexe car je devais aussi gérer les stocks d'arrivage de poissons de la mer méditerranée, il y avait 80 couverts par service, j'ai fini la saison KO...

Est ce que tu as travaillé dans des grands restaurants aux côtés de grand Chef ?

Oui j'ai travaillé avec des grands Chefs, Robert Abraham avec qui j'ai débuté, Michel Mandon qui m'a appris les bases de la cuisine. J'ai travaillé également avec Pascal Alonso, Eric Fréchon, ce sont tous des grands Chefs qui m'ont marqué !

Tu as eu l’occasion de connaître la cuisine thaïlandaise lors de tes séjours en Thaïlande ?

En Thaïlande, j'ai réussi à faire des « extras », et de bouche à oreille j'arrivais à aller dans des hôtels quand il y avait des réceptions, je me faisais un petit « billet », j'ai appris la cuisine thaïlandaise avec les thaïs, la cuisine ancestrale thaïlandaise. Au début, c'était très dur à apprendre cette cuisine. Car c'est une cuisine qui est remplie de subtilité, c'est une cuisine différente avec beaucoup d'épices et d'herbes, elle n'a rien à voir avec la cuisine française, cela m'a pris quatre à cinq ans pour vraiment cuisiner des plats thaïs authentiques !

Quels sont les plats thaïlandais que tu aimes ?

J'aime bien les « Laab », plat de l'Isaan, le Laab Kaï (Salade de Poulet haché à la coriandre), le Laab Ped (Salade de Canard), j'adore, je sais faire ces plats. J'aime aussi les recettes à base de curry, j'ai appris à faire la pâte de curry rouge, de curry vert et de curry jaune

Quel genre de cuisine tu aimes faire ?

Ma cuisine a été vraiment une cuisine française classique, une cuisine « Escoffier » (Auguste Escoffier, gastronome célèbre). C'est lui qui a codifié la cuisine française, et moi je me base dessus. Mais j'aime bien mettre des petits clins d’œil avec la Thaïlande et un léger mélange d’Asie. Ma cuisine n'est pas faite de recette classique mais de découverte culinaire permanente

Pour un boxeur compétiteur, une alimentation équilibrée est primordiale, que conseilles tu comme plat pour un boxeur en préparation de combat ?

Je conseille des plats thaïlandais à base de poulet, de riz, de crevette, c'est quelque chose de très bien. Le Khao Phat Thai (Riz sauté au poulet ou au crevette). Aussi, les salades de papaye, il y a tout, les protéines, c'est équilibré, il n'y a pas de gras. Je conseille vraiment ces plats aux boxeurs qui font de la compétition

Tu peux nous dire les rencontres importantes dans le monde de la cuisine que tu as faites depuis ces dernières années ?

Lorsque je suis arrivé à Paris, j'ai intégré directement le nouveau restaurant triplement étoilé Epicure du Bristol Paris du Chef Eric Fréchon. J'ai découvert des produits de folie, je revenais d’Australie où je faisais une cuisine complètement différente. Dans ce restaurant, j'ai redécouvert les produits que j'avais découvert à mon apprentissage mais en puissance mille. La rigueur de la brigade m'a rappelé un peu celle au camp de boxe du Chuwattana Gym. Avec aussi des cuisiniers qui faisaient des coups bas, un peu mesquin. Je suis resté huit mois au Bristol Paris.

Après avoir structuré mon esprit aux conditions du savoir d'un 3 étoiles Michelin, j'ai décidé d'essayer de faire ma propre cuisine.

Avec ma sœur, nous avons prit une gérance à Montmartre, une guinguette à côté de Montmartre. Pendant quelques mois, j'ai été seul en cuisine, ma sœur s'occupait de la salle. Ce fut une belle expérience d'entrepreneur.

Ensuite, je suis allé en Savoie au chalet Philibert pour découvrir un terroir inconnu. La saison terminée, je suis revenu à Paris et avec Nicolas Coudert nous avons monté le Bistro Mericourt dans le 11 ème. Durant quatre ans, nous avons fait un restaurant honorable. Puis, une opportunité c'est offerte à moi dans le 7 ème arrondissement de Paris...

Aujourd'hui, tu as ouvert ton propre restaurant à Paris dans le 7 ème tu peux nous en parler ?

Je me suis associé avec ma future femme Hliza Ayun qui travaillait en Espagne. Elle a tout lâché par amour pour venir avec moi.

«  Hliza Ayun est née au Vietnam, elle est arrivée à l'age de 10 ans en France. Elle a appris son métier chez Alain Senderens pendant trois ans, ensuite à Citrus étoile, Speakeasy, chez Hélène Darroze et finalement au Maria Cristina à Saint Sébastien en Espagne »

Ma rencontre avec Hliza qui est cuisinière était évidente. Depuis que j'habite à Paris, je ne sors jamais, je n'ai jamais été en boite de nuit, aucune fois dans les bars musicaux, rien. Donc très peu de rencontre féminine. J’étais comme « ratatouille », je vivais à huit clos uniquement pour la cuisine.

Mes rencontres importantes ont été ma future femme, Monsieur Asfaux, mes fournisseurs notamment Lydia Amghar de Charraire qui est bienveillante et bien-sûr mes clients.

Dans notre restaurant « Savarin la table » nous proposons une cuisine sincère. La salle de la cuisine est très petite mais nous arrivons à sortir des assiettes fraîches, colorées, très instinctives.

Chez nous, hormis la pâtisserie, il n'y a aucune recette classique. Aussi, quelques coups de cœur pour la cuisine classique française car je suis avant tout un passionné de l'histoire de la gastronomie. Et non des recettes, c'est à travers l'histoire de la gastronomie que je me suis instruit sur la France et les régions, c'est viscérale...

 

LE CHEF MEHDI KEBBOUL EN ACTION

 

LES DESSERTS SONT LA SPÉCIALITÉ D'HLIZA AYUN

 

MONSIEUR AU CASSEROLE, MADAME AU DESSERT

 

DEUX AMOUREUX...DE LA CUISINE

 

Quels sont tes projets pour 2018 ?

Mes projets pour 2018 sont de trouver une personne en cuisine capable de nous suivre. Nous ne sommes que trois, moi, un plongeur, ma femme qui fait la salle et en plus les desserts, c'est du sport. Donc, je voudrais évoluer et devenir le plus précis possible, pour cela il me faut un ou une sous chef, qui doit être passionné avec un Grand P !

Tu veux ajouter quelque chose ?

Je tiens à remercier les gens qui m'ont soutenu pour la boxe, Weera Chalunlape, Gafary Boussari, Terence Bastie, ils ont vraiment été là pour moi, comme une famille. Quand je suis arrivé de Béziers, j'étais un peu déstabilisé et ils m'ont beaucoup aidé, ils ont été super avec moi surtout Weera, je remercie aussi Xavier Vacaris. Merci à ma femme et à tous mes collaborateurs en cuisine

Merci Mehdi pour cette interview et bonne chance pour tes projets

Merci à toi Serge

 

Mehdi Kebboul, véritable artiste culinaire, à la force de ses poings, a pu assouvir sa deuxième passion, la boxe. Au fourneau la journée, sur le ring le soir, sa détermination à devenir boxeur force l'admiration. Ils sont vraiment très rare les personnes qui ont pu concilier un travail dans la restauration avec une carrière de boxeur professionnel. Mehdi Kebboul a réussi ce tour de force qui n'est pas donné à tout le monde.

Le petit gars de Beziers n'a pas eu peur d’affronter des adversaires de gros calibre tels que Djimé Coulibaly, Geoffrey Mocci, Frédéric Berrichon, Aïello Batonon, Mourad Bourachid. Victoire ou défaite, ses combats face à ces champions ont été un beau challenge qui fait la fierté de cet homme de défis !

Côté cuisine, l'ascension du Chef Mehdi Kebboul est impressionnante, Chef dans un bistro marin sur la côte héraultaise, cuisinier dans la brigade Éric Fréchon à l’Épicure au Bristol classé 3 Étoiles Michelin, Chef au Chalet Philibert à Morzine en Haute-Savoie, patron et Chef au bistro Méricourt dans le 11ème, un parcours semé de prix et de reconnaissances qui se termine par l'ouverture de son propre restaurant, le Savarin la table !

En 2012, Mehdi Kebboul fut l'un des candidats dans l'émission Top Chef, une émission de télé réalité dont il garde un très mauvais souvenir. Le Chef Mehdi Kebboul est parti en claquant la porte, la tête haute, jurant qu'on ne l'y reprendra plus de participer à une émission qui ne reflète pas la réalité...

Pendant un temps, en 2013, Mehdi Kebboul a été Chef cuisinier aux loges présidentielles de Roland Garros, rien que ça.

En 2015, il remporte le concours des grandes écoles françaises, la même année, Mehdi Kebboul est intronisé membre dans la célèbre Académie Culinaire de France (L'Académie Culinaire de France est la plus ancienne association de Chefs de cuisine et de pâtisserie du monde créée en 1883), il est le plus jeune membre de la célèbre Académie Culinaire de France. L'année suivante, le Chef Mehdi Kebboul termine parmi les cinq finalistes du fameux trophée « Bernard Loiseau » !

Aujourd'hui, cet autodidacte est devenu une référence dans le milieux de la restauration parisienne, les articles sur le Chef Mehdi Kebboul sont de plus en plus nombreux, les colonnes des journaux ne tarissent pas d'éloge sur sa cuisine fine et savoureuse, une belle réussite, chapeau bas Chef !

  

MEHDI KEBBOUL AVEC LA PETITE FILLE DU CHEF HENRI-PAUL PELLAPRAT (FONDATEUR DE L'ÉCOLE INTERNATIONALE CORDON BLEU)

 

LE CÉLÈBRE SPEAKER DANIEL ALLOUCHE EST VENU TESTER LES PLATS AU SAVARIN LA TABLE

 

HLIZA AYUN (COMPAGNE DE MEHDI KEBBOUL), DANIEL ALLOUCHE, MEHDI KEBBOUL

 

GAFARY BOUSSARI (CHAMPION D'EUROPE), FODI, KADA BOUAMAMA (CHAMPION DE FRANCE, CHAMPION DU MONDE IFMA), THE VOICE DANIEL ALLOUCHE, LE CHEF MEHDI KEBBOUL

 

LE GRAND CHAMPION DE BOXE ANGLAISE JEAN-MARC MORMECK (CHAMPION DU MONDE WBA ET WBC) A APPRECIÉ LA CUISINE DU SAVARIN LA TABLE

 

MEHDI KEBBOUL VAINQUEUR DU CONCOURS DES GRANDES ÉCOLES FRANÇAISES

 

MEMBRE DE L'ACADÉMIE CULINAIRE DE FRANCE

 

MEHDI KEBBOUL FINALISTE AU TROPHÉE « BERNARD LOISEAU »

 

MEHDI KEBBOUL A FAIT PARTIE D'UN JURY AUX CÔTÉS D'ÉMMINENTS CHEF CULINAIRE

 

MEHDI KEBBOUL AVEC SON AMI LE GRAND CHEF PATRICK ASFAUX (CHEF CONSEIL DU 1ER SITE GASTRONOMIQUE DE FRANCE AFTOUCH-CUISINE.COM)

 

ARTICLE SUR LE CHEF MEHDI KEBBOUL

 

SERGE TRÉFEU AVEC LE CHEF MEHDI KEBBOUL

 

 

Savarin la table

34 Rue de Bourgogne

75007 Paris

 

 

QUELQUES PLATS SUCCULENTS MADE IN « SAVARIN LA TABLE » 

 

 

PLAT

 

Thon laqué betterave, litchi, feuille d'huître

 

Blanquette de veau, blinis ratte morille, légumes

 

Bonite à la grecque

 

Le colvert de chasse avec les cèpes

 

Lapin, crème d'artichaut, figues, taggiasche

 

Pigeon, cuisses en cromesquis, foie gras, petit pois, cerises, sucrine

 

Bonite, quinoa/ lentilles, pâte citron/passion

 

Stracciatella, gariguette, balsamique, fleur courgette lapin

 

 

DESSERT

 

Crème caramel beurre salé vanille efficace

 

Savarin exotique

 

Fraisier petit suisse

 

Gâteau de crêpes Suzette, pêche